Une larme pour une goutte d'eau (Notre-Dame de Paris)

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Une larme pour une goutte d'eau (Notre-Dame de Paris)
Luc-Olivier Merson (1846-1920). "Une larme pour une goutte d'eau". Huile sur toile, 1903. Paris, Maison de Victor Hugo.© Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet
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Autre visuel (1)
Notre-Dame de Paris (V.Hugo)
Une larme pour une goutte d'eau (Notre-Dame de Paris)
Merson, Luc-Olivier
Datation
En 1903
Musée
Maison de Victor Hugo - Hauteville House
Auteur(s)
Merson, Luc-Olivier (Paris, 21–05–1846 - 14–11–1920), peintre
Dates
En 1903
Datation en siècle
Type(s) d'objet(s)
Dénomination(s)
Matériaux et techniques
Numéro d’inventaire
203
Une larme pour une goutte d'eau (Notre-Dame de Paris)

Informations détaillées

Auteur(s)
Merson, Luc-Olivier (Paris, 21–05–1846 - 14–11–1920), peintre
Date de production
En 1903
Datation en siècle
Type(s) d'objet(s)
Dénomination(s)
Matériaux et techniques
Dimensions - Œuvre
  • Hauteur : 195 cm
  • Largeur : 110 cm
Marques, inscriptions, poinçons
Signature - En bas, à gauche "Luc Olivier Merson 1903"
Description iconographique

La peinture illustre le moment principal de l’épisode qui constitue le chapitre IV, du livre VI du roman de Victor Hugo, « Notre-Dame de Paris », « Une larme pour une goutte d’eau », qui donne son titre au tableau, tout en synthétisant plusieurs éléments du récit.Alors que Quasimodo est lié au pilori de la place de Grève sous les moqueries et les injures de la foules (« Mille autres injures pleuvaient, et les huées, et les imprécations, et les rires, et les pierres çà et là. »), il réclame plusieurs fois « à boire ». Alors Esmeralda, accompagnée de sa chèvre Djali, fend la foule, monte l’échelle du pilori :« Elle s’approcha, sans dire une parole, du patient qui se tordait vainement pour lui échapper, et détachant une gourde de sa ceinture, elle la porta doucement aux lèvres arides du misérable.Alors, dans cet œil jusque-là sec et si brulé, on vit rouler une grosse larme qui tomba lentement le long de ce visage difforme et longtemps contracté par le désespoir. C’était la première peut-être que l’infortuné eût jamais versée. »Mais le moment illustré est le suivant, dont le texte accompagne la gravure de la première version de l’œuvre, publiée dans l’Edition nationale des œuvres de Victor Hugo, en 1889 :« Cependant il oubliait de boire. L’égyptienne fit sa petite moue avec impatience, et appuya en souriant le goulot à la bouche dentue de Quasimodo. Il but à longs traits. Sa soif était ardente. »

Commentaire historique

Cette peinture fait partie des commandes passées par Paul Meurice à des artistes vivants, en vue de l’ouverture du musée en 1903. Luc-Olivier Merson avait déjà illustré les deux volumes, parus en 1889, de « Notre-Dame de Paris » pour l’Edition Nationale (Emile Testard et Cie, éditeurs) que Paul supervisait, en particulier pour l’illustration. Aussi Paul Meurice traite-t-il directement avec l’artiste sans l’aide d’Arsène Alexandre ou de Fortuné Méaulle qui parfois lui servent d’intermédiaires pour certaines commandes (ce sera aussi le cas pour la commande des "Burgraves" à Rochegrosse). Hélas, les lettres de Merson à Meurice, conservées dans les archives du musée, ne sont pas datées et ne donnent donc pas d’indication sur la progression et l’achèvement de tableau.On peut penser que c’est ce travail pour l’Edition nationale qui a guidé son choix et celui de l’artiste pour un sujet tiré de ce roman et peut-être aussi pour la composition qui reprend partiellement celle d’une des gravures hors-texte du premier volume, introduisant au chapitre IV du livre VI, qui donne son nom à la toile : « Une larme pour une goutte d’eau ». Cette gravure fournit la base de la partie haute de la peinture, tout en subissant certaines transformations : les maisons de l’arrière plan son partiellement modifiées en raison de l’ajout de la balustrade de bois, le pilori est redessiné, des liens apparaissent pour y tenir Quasimodo avec plus de dramaturgie, la chèvre est déplacée sur la gauche pour la dynamique de la composition. La foule, très éloignée et à peine visible à l’arrière plan de la gravure y est rapprochée et surtout, elle va donner le motif nouveau et animé du premier plan.La nouvelle composition est soigneusement structurée : partant de la tête du chien au bas de la toile, la ligne de lecture se poursuit par le bras de l’homme au capuchon vu de dos, renforcé par la torsion geste de l’enfant au bonnet rouge et l’accroche du visage de l’homme au long bonnet noir – le seul qui nous regarde que cette coiffe d’étudiant pourrait désigner comme Jehan Frollo, mentionné dans le récit – tandis que les mains en porte-voix de son voisin au bonnet écarlate dirigent, en même temps que son cri, le regard vers la forêt de mains qui amènent au bord de l’estrade de pierres où la chèvre, par une belle courbe retourne la ligne vers la ceinture de la gitane, le geste de son bras pour arriver à la trogne de Quasimodo dont le regard nous conduit enfin au visage d’Esmeralda. Ainsi est-on conduit de la bestialité à l’angélisme.Toute la composition, en effet repose sur un jeu de contrastes : entre le haut et le bas ; entre la saturation et le vide ; entre l’agitation violente de la foule et la sérénité des héros ; entre la laideur de Quasimodo et la grâce d’Esméralda. Cette volonté d’antithèse répond non seulement à l’esprit de Victor Hugo mais aussi au moment important pour le roman que constitue cet épisode où se renoue le destin des deux enfants échangés à la naissance, où nait l’amour de Quasimodo en réponse au geste d’Esmeralda qui est – et n’est que – affirmation de liberté et de compassion.Paul Meurice qui, gardien du texte et de l’esprit, suivait de très près ses commandes a sans doute par ses conversations avec Merson joué un rôle dans la conception et les détails de la peinture. La seule trace précise de son intervention a trait à Esmeralda, justement pour introduire plus de contraste et complexité dans sa figure, et joindre la sensualité à l’angélisme. En effet, dans une lettre Merson répond : « J’ai fait les retouches que vous avez bien voulu me demander. J’ai pailleté la robe, enrichi l’écharpe, mis ses bracelets aux bras, doré la ceinture et augmenté la coiffure de sequins. Il n’y a qu’une chose que je n’ai pu faire, c’est de mettre Esméralda en jupe courte. Lorsque vous reverrez le tableau vous comprendrez de suite que la disposition de la composition ne me permettait pas de dégager les jambes. Malgré cela la danseuse a perdu son caractère de virginité. Elle est certainement plus saltimbanque qu’auparavant et j’ose espérer, que, les modifications que j’ai apportées aidant, elle nous donnera une meilleure impression au point de vue caractère. » L’œuvre était exposée pour l’ouverture du musée, en 1903, dans le grand salon du premier étage.Il existe une petite esquisse du tableau ainsi qu’une étude de nu pour la position d’Esmeralda dans les collections du Louvre.

Thèmes / Sujets / Lieux représentés :
Mode d'acquisition
Nom du donateur, testateur, vendeur
Date d’acquisition
1903
Numéro d’inventaire
203

Prolongement

Exposition(s)

Titre
Congratulations from the world (Shangai)
Dates
01/10/2012 - 31/12/2012
Institution
Shanghai Art Museum
Titre
Congratulations from the world (Shangai)
Dates
01/10/2012 - 31/12/2012
Institution
Shanghai Art Museum
Titre
Accrochage 2009 (Paris)
Dates
01/04/2009 - 01/07/2009
Institution
Maison de Victor Hugo (Paris)
Titre
L'étrange Monsieur Merson
Dates
10/12/2008 - 08/03/2009
Titre
Paris et les Parisiens (1830-1930) dans les chefs-d'oeuvre des musées de France (Hiroshima)
Dates
11/07/2008 - 06/09/2008
Institution
Hiroshima Museum of Art
Titre
Accrochage 2006 (Paris)
Dates
18/04/2006 - 29/09/2006
Institution
Maison de Victor Hugo (Paris)
Titre
Le Moyen-age et les peintres français de la fin du XIXe siècle
Dates
03/05/1980 - 08/06/1980

Indexation

Datation en siècle

Type(s) d'objet(s)

Dénomination(s)

Matériaux et techniques

Sujet représenté

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