La canne de Balzac

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La canne de Balzac
Lecointe. Canne de Balzac, dite "canne aux turquoises", 1834 (vue en entier). Paris, maison de Balzac. © Maison de Balzac / Ville de Paris
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© Maison de Balzac / Roger-Viollet
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© Maison de Balzac / Roger-Viollet
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CC0 Paris Musées / Maison de Balzac
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La canne de Balzac
Le Cointe (orfèvre)
Datation
En 1834
Musée
Maison de Balzac
Auteur(s)
Le Cointe (orfèvre) (en 1796 - en 1849), orfèvre
Dates
En 1834
Type(s) d'objet(s)
Dénomination(s)
Matériaux et techniques
Numéro d’inventaire
BAL 186

Informations détaillées

Auteur(s)
Le Cointe (orfèvre) (en 1796 - en 1849), orfèvre
Date de production
En 1834
Type(s) d'objet(s)
Dénomination(s)
Matériaux et techniques
Dimensions - Œuvre
  • Hauteur : 90 cm
Description iconographique

Canne fée, canne massue ou monument... Les contemporains de Balzac ont largement glosé sur cet objet, intrigués par son aspect peu ordinaire et la personnalité de son propriétaire. Convaincu que l'aisance financière ne saurait tarder, Balzac achète ce coûteux accessoire à crédit : la canne commandée à l'orfèvre parisien Le Cointe, 12 rue de Castiglione, et livrée le 18 août 1834, est encore en paiement en avril 1835. L'importance du prix (700 francs) est justifiée par le pommeau d'or, travaillé de fines ciselures et constellé de turquoises, et cette richesse atteste la réussite de Balzac qui vient de publier coup sur coup plusieurs ouvrages très bien accueillis, notamment "Eugénie Grandet", "La Femme de trente ans" ou "La Duchesse de Langeais".L'écrivain possédait d'autres cannes, comme celle dite aux singes, commandée à l'orfèvre Froment- Meurice, que conserve également la Maison de Balzac. Ces bijoux trahissent les prétentions de Balzac qui est alors abonné à l'Opéra comme au Théâtre italien, et s'y montre dans la fameuse "loge infernale" occupée par les dandys. Arbitres des élégances, ceux-ci arborent des cannes agrémentées de montures raffinées et discrètes dont la finesse offre un saisissant contraste avec l'impressionnante canne de l'écrivain. Balzac considère que l'artiste règne sur le monde grâce à la puissance de sa pensée, et qu'il est donc en droit de s'affirmer comme un prince de la mode. Mais il est trop lucide pour ignorer que petit, rond, les dents ébréchées et les cheveux gras, il ne correspond en rien à l'image du dandy svelte et sportif - comme ceux que décrivent ses romans. Désireux de montrer qu'il n'est pas dupe, il commande un accessoire excessif en tout : extravagant par l'énormité du jonc comme du pommeau en or qui arbore les armoiries empruntées aux Balzac d'Entraigues, une famille sans aucun lien avec l'écrivain ; dérangeant, car les turquoises sont généralement associées aux jeunes filles. Et que contient la capsule au sommet du pommeau? Est-ce une boucle de cheveux ou le portrait de sa maîtresse ? L'objet crée une sensation intense, journalistes et caricaturistes s'en emparent aussitôt pour rivaliser d'imagination.La canne témoigne aussi de l'amour de Balzac pour madame Hanska, dont le sautoir de jeune fille a fourni les chaînettes, et Balzac peut fièrement lui parler de "... ce bijou qui menace d'être européen [...] Et si l'on vous disait dans vos voyages que j'ai une canne-fée qui lance des cheveux, fait éclore des palais, crache des diamants, ne vous en étonnez pas et riez avec moi" (30 mars 1835)Cette canne est-elle vraiment magique ? Delphine de Girardin, dans le roman "La Canne de Monsieur Balzac" (1836), soutient qu'elle rend invisible celui qui la porte de la main gauche. "M. de Balzac se cache pour observer ; il regarde, il regarde des gens qui se croient seuls, qui pensent comme jamais on ne les a vu penser [...] et puis il vous met tout cela dans un livre". Comment en effet expliquer autrement la cohérence et la complexité psychologique de ses personnages ?

Mode d'acquisition
Nom du donateur, testateur, vendeur
Numéro d’inventaire
BAL 186
Institution

Indexation

Type(s) d'objet(s)

Matériaux et techniques

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