Félicité des Touches en religieuse

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Félicité des Touches en religieuse
"Félicité des Touches (Camille de Maupin) en religieuse, dans Béatrix". Dessin de Charles Huard (1874-1965) et gravure de Pierre Gusman (1862-1942) pour l'édition Conard des Oeuvres complètesde Balzac (1910-1940). Moulage en cuivre par galvanosplastie doublé de plomb et fixé sur une plaque de chêne. 1910-1915. Paris, Maison de Balzac.© Maison de Balzac / Roger-Viollet
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Autre visuel (1)
Portrait (Sujet représenté) - Femme - Religieuse - Croix - Nonne
Félicité des Touches en religieuse
Huard, Charles
Datation
1910 — 1950
Musée
Maison de Balzac
Auteur(s)
Huard, Charles (Poncey-sur-l'Ignon, 02–06–1874 - Poncey-sur-l'Ignon, 30–03–1965), dessinateur
Dates
1910 1950
Type(s) d'objet(s)
Dénomination(s)
Numéro d’inventaire
BAL 99-108
Félicité des Touches en religieuse

Informations détaillées

Auteur(s)
Huard, Charles (Poncey-sur-l'Ignon, 02–06–1874 - Poncey-sur-l'Ignon, 30–03–1965), dessinateur
Gusman, Pierre (Paris, 06–12–1862 - Grosrouvre, en 1942), graveur
Date de production
1910 1950
Type(s) d'objet(s)
Dénomination(s)
Dimensions - Œuvre
  • Hauteur : 4.8 cm
  • Largeur : 6.6 cm
  • Epaisseur : 2.356 cm
Description

Matrice pour l'illustration de Béatrix, Etudes de moeurs, Scènes de la vie privée de La Comédie humaine 5, volume 5, Paris, Editions Conard, 1910-1950, p. 267

Description iconographique

Vu de face, le visage amaigri de Félicité des Touches est encadré par son costume franciscain. Ses pommettes soulignent ses grands yeux noirs cernés. Son nez long est marqué d'une bosse légère et sa bouche droite participe à son expression impassible. Derrière elle, une croix est accrochée au mur au-dessus d'une porte qui, avec sa robe monacale, rappelle son entrée au couvent de Nantes. Sabine de Grandlieu, épouse de Calyste, écrit à sa mère à propos de la visite qu'elle a rendue à Félicité des Touches : "Mademoiselle des Touches n'a pas voulu recevoir Calyste, et n'a vu que moi. Je l'ai trouvée un peu changée, pâlie et maigrie, elle m'a paru bien heureuse de ma visite. -- « Dis à Calyste, s'est-elle écriée tout bas, que c'est une affaire de conscience et d'obéissance si je ne le veux pas voir, car on me l'a permis ; mais je préfère ne pas acheter ce bonheur de quelques minutes par des mois de souffrance. Ah ! si tu savais combien j'ai de peine à répondre quand on me demande : -- À quoi pensez-vous ? La maîtresse des novices ne peut pas comprendre l'étendue et le nombre des idées qui me passent par la tête comme des tourbillons. Par instants je revois l'Italie ou Paris avec tous leurs spectacles, tout en pensant à Calyste qui, dit-elle avec cette façon poétique si admirable et que vous connaissez, est le soleil de ces souvenirs... J'étais trop vieille pour être acceptée aux Carmélites, et je me suis donnée à l'ordre de Saint-François de Sales uniquement parce qu'il a dit : « -- Je vous déchausserai la tête au lieu de vous déchausser les pieds ! » en se refusant à ces austérités qui brisent le corps. C'est en effet la tête qui pèche. Le saint évêque a donc bien fait de rendre sa règle austère pour l'intelligence et terrible contre la volonté !... Voilà ce que je désirais, car ma tête est la vraie coupable, elle m'a trompée sur mon coeur jusqu'à cet âge fatal de quarante ans où si l'on est pendant quelques moments quarante fois plus heureuse que les jeunes femmes, on est plus tard cinquante fois plus malheureuse qu'elles... Eh ! bien, mon enfant, es-tu contente ? m'a-t-elle demandé en cessant avec un visible plaisir de parler d'elle. -- Vous me voyez dans l'enchantement de l'amour et du bonheur ! lui ai je répondu. -- Calyste est aussi bon et naïf qu'il est noble et beau, m'a-t-elle dit gravement. Je t'ai instituée mon héritière, tu possèdes, outre ma fortune, le double idéal que j'ai rêvé... Je m'applaudis de ce que j'ai fait, a-t-elle repris après une pause. Maintenant, mon enfant, ne t'abuse pas. Vous avez facilement saisi le bonheur, vous n'aviez que la main à étendre, mais pense à le conserver. Quand tu ne serais venue ici que pour en remporter les conseils de mon expérience, ton voyage serait bien payé. Calyste subit en ce moment une passion communiquée, tu ne l'as pas inspirée. Pour rendre ta félicité durable, tâche, ma petite, d'unir ce principe au premier. Dans votre intérêt à tous deux, essaie d'être capricieuse, sois coquette, un peu dure, il le faut. Je ne te conseille pas d'odieux calculs, ni la tyrannie, mais la science. Entre l'usure et la prodigalité, ma petite, il y a l'économie. Sache prendre honnêtement un peu d'empire sur Calyste. Voici les dernières paroles mondaines que je prononcerai, je les tenais en réserve pour toi, car j'ai tremblé dans ma conscience de t'avoir sacrifiée pour sauver Calyste ! attache-le bien à toi, qu'il ait des enfants, qu'il respecte en toi leur mère... Enfin, me dit-elle d'une voix émue, arrange-toi de manière à ce qu'il ne revoie jamais Béatrix !... » Ce nom nous a plongées toutes les deux dans une sorte de torpeur, et nous sommes restées les yeux dans les yeux l'une de l'autre échangeant la même inquiétude vague. « -- Retournez-vous à Guérande ? me demanda-t-elle. -- Oui, lui dis-je. -- Eh ! bien, n'allez jamais aux Touches... J'ai eu tort de vous donner ce bien. -- Et pourquoi ? -- Enfant ! les Touches sont pour toi le cabinet de Barbe-Bleue, car il n'y a rien de plus dangereux que de réveiller une passion qui dort. »" (extrait de "Béatrix", 1839)

Thèmes / Sujets / Lieux représentés :
Personne / Personnage représenté
Mode d'acquisition
Date d’acquisition
1999
Numéro d’inventaire
BAL 99-108
Institution

Indexation

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