Share

Caricatures de Victor Hugo

Victor Hugo vu par les caricaturistes de son époque

La renommée de Victor Hugo et son engagement politique ont fait de l’écrivain un sujet de prédilection des caricaturistes de son temps qui souvent, l’ont croqué plutôt rudement et parfois même avec férocité. 

Portrait peint ou dessiné qui amplifie certains traits physiques ou de caractère du sujet, la caricature diffère du dessin de presse qui ne s’appuie pas nécessairement sur des déformations ni ne représente forcément quelqu’un de connu. Sous sa forme moderne, la caricature se répand à partir des années 1830 et elle accompagne le développement technique et économique de la presse.   

Poète, romancier, homme de théâtre et, à partir de 1848, homme politique, Victor Hugo a fait l’objet d’innombrables caricatures. Il est loin d’être le seul mais sa personnalité, sa fougue, son ambition et son ego rendaient sans doute l’exercice attrayant pour les dessinateurs. Ces images moqueuses, méfiantes, ou admiratives, nous indiquent comment et pourquoi Hugo fut en son temps aimé ou détesté, combattu ou respecté, haï ou célébré. Dans tous les cas, elles prouvent que la liberté de penser, d’écrire et de dessiner est un bien commun et précieux qu’il nous appartient, comme Hugo l’a toujours fait, de le défendre. 

Maison de Victor Hugo
13 works
Subject
Caricature - dessin humoristiqueJournal - périodiquePortrait (Sujet représenté)Torquemada (V.Hugo)
Period
Deuxième République (1848-1852)Louis Philippe (1830-1848)Troisième République (1870-1940)
Century
2e quart du 19e siècle3e quart du 19e siècle4e quart du 19e siècle
Theme
Portrait collectifPortrait
Object category
Arts graphiquesEstampeManuscrits, imprimés, reliure

Nous connaissons tous le visage de Victor Hugo : un visage aux cernes généreux, aux cheveux abondants et à la barbe blanche. Nous avons cette image en tête. Image ? Photo ? Dessin ? Cela se confond dans une évidente bonhommie. Car cette familiarité avec le « père Hugo », nous la devons pour une bonne part aux caricaturistes. Miroir exact du sentiment populaire de l’époque, le respect, l’affection  – et l’admiration – qu’ils éprouvaient envers Hugo, leurs dessins nous l’ont transmis. C’est dire si notre vision de Hugo s’est construite avec les photographies pour l’exactitude des traits, et pour le reste grâce à ces caricatures qui ont accompagné le poète tout au long de sa vie. Notre vision de Balzac doit beaucoup au daguerréotype de Bisson pris en 1842 et transfiguré à la fin du siècle par Rodin. De la même manière, notre vision de Hugo est indissociable d’une poignée de dessins de Roubaud, Daumier, Nadar et Gill qui ont « fixé » Hugo. Est-ce là l’un des talents particuliers des caricaturistes que de saisir non seulement les caractéristiques physiques d’un personnage public mais aussi la manière dont ils sont aimés ou détestés ?

Il s’agit assurément de la caricature la plus connue et la plus emblématique de Victor Hugo. On y retrouve la tête disproportionnée, le grand front, les livres en piédestal. Daumier reprend les bras croisés déjà croqués et y ajoute la frontalité, un air fermé et hostile que le Hugo orateur en butte à l’hostilité de l’assemblée avait peut-être, et que vient moquer la légende : « On vient de lui poser une question grave, il se livre à des réflexions sombres… la réflexion sombre peut seule éclaircir la question grave !… aussi est-il plus sombre que tous les grands hommes graves ! » 

La biographie de Victor Hugo par la caricature

Forte tête

Les principaux traits qui vont caractériser Hugo jusqu’à l’exil : petit corps, grande tête, front immense, chevelure tirée en arrière s’inventent sous le crayon notamment de Benjamin Roubaud. 
Deux caricatures – Hugoth par M. Delaporte (1833) et Mr. V.H., la plus forte tête romantique par B. Roubaud (1836) fixent une des  représentations les plus durables de l’écrivain au front démesuré. Chacune à une manière différente, elles font allusion à Notre-Dame de Paris, l’une en faisant surgir le buste de Hugo d’un relevé d’architecte, l’autre en plaçant la silhouette de la cathédrale à l’arrière-plan de l’image.

Zoom
Galerie Littéraire N°3 / Mr V.H. la plus forte tête romantique
CC0 Paris Musée / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Other visual (1)
Portrait (Sujet représenté) - Caricature - dessin humoristique
Galerie Littéraire N°3 / Mr V.H. la plus forte tête romantique
Roubaud, Benjamin (dit Benjamin)
Datation
En 10–1836
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Galerie Littéraire N°3 / Mr V.H. la plus forte tête romantique

L’écrivain, qui a publié en 1834 Les Chants du crépuscule, tient en main une feuille où on lit le mot « poème ». Il est assis dans une chaise gothique à haut dossier que l’on nomme « cathèdre ». On aperçoit à gauche la silhouette de Notre-Dame de Paris. Benjamin Roubaud reprend les principales caractéristiques des premières charges de Hugo : tête disproportionnée, front immense, cheveux tirés en arrière. La légende identifie Hugo comme « la plus forte tête » du mouvement romantisme, ce qu’il était en effet depuis sa préface pour Cromwell (1827), la « bataille » d’Hernani (1830). 

Roubaud, Benjamin (dit Benjamin), Aubert et Junca, Aubert et Cie, Le Charivari
En 10–1836
Estampe, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Hugoth

Le « portrait-charge » est réalisé au moment où Hugo travaille à la mise en scène de Lucrèce Borgia au théâtre de la Porte Saint-Martin. C’est le premier dessin qui caractérise Hugo par son front immense. « M. Hugoth n’est pas seulement un homme ordinaire ; surtout, il a du front, lit-on dans l’article qui accompagne le dessin. Ses admirateurs, qui admirent tout en lui, ont compté six pouces de la racine du nez à la racine des cheveux. Il faut qu’ils se soient trompés dans leur calcul : car c’est six pieds de front que je lui trouve ; et c’est dans cette immense capacité, dans cet énorme “laboratoire à pensée” que réside son mérite. »

Delaporte, Michel, La Charge
En 01–1833
Estampe, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House
Zoom
Hugoth
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Other visual (1)
Caricature - dessin humoristique
Hugoth
Delaporte, Michel
Datation
En 01–1833
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

L’enjeu de l’élection à l’Académie française est à la fois littéraire et politique. En posant sa candidature en 1836, 1839 et 1840, Victor Hugo, chef de file du romantisme, affronte le bastion du classicisme, du conservatisme littéraire et politique. Au-delà du prétexte, c’est cette autre bataille, victorieuse enfin en janvier 1841, que mettent en scène les caricaturistes.

Les deux caricatures de Roubaud proposées sur ce thème allient dans le dessin la présence d’ouvrages et inscriptions et celle des monuments culturels que sont les bâtiments évoquant l’activité littéraire et théâtrale de Victor Hugo.  

Clocher académique

Panthéon charivarique ; Les Candidats à l'Académie

Zoom
Panthéon charivarique, Victor Hugo
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Other visual (1)
Caricature - dessin humoristique - Portrait (Sujet représenté)
Panthéon charivarique, Victor Hugo
Roubaud, Benjamin (dit Benjamin)
Datation
En 09–1841 — 10–1841
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Panthéon charivarique, Victor Hugo

Il s’agit sans doute d’une des caricatures de Hugo les plus connues, mettant en perspective à la fois l’homme et l’œuvre. Benjamin Roubaud installe son personnage sur un amas de livres, l’appuie sur les lieux qui le définissent : Notre-Dame de Paris à cause du roman éponyme, le théâtre de la Porte Saint-Martin et le Théâtre-Français où ses pièces sont jouées, l’Académie française où il entre finalement en cette année 1841 et la colonne Vendôme, allusion aux Odes et ballades. Le coffre de rentes fait peut-être référence à la pension royale dont Hugo a bénéficié jusqu’en 1829. Derrière le poète, on distingue un sabbat de sorcières. Le poème en légende parodie un poème des Orientales, « Les djinns ».

Roubaud, Benjamin (dit Benjamin)
En 09–1841 — 10–1841
Estampe, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Vous êtes jeunes et forts et vous demandez les Invalides ! vous voulez donc voler le pain des pauvres vieillards ? / ........ Allez travailler grands feignants !! ......

Le dessin fait référence à la troisième tentative de Hugo pour se faire élire à l’Académie, le 19 décembre 1839 – les deux premières ont eu lieu en février 1835 et 29 décembre 1836.
On y voit Victor Hugo, les bras chargés de livres, entouré à sa droite d’Alexandre Dumas et à sa gauche d’Honoré de Balzac, désireux d’entrer à « l’hôpital académique, asile littéraire pour vieillards ». Une vieille femme les arrête – l’Académie elle-même… – en leur disant : « Vous êtes jeunes et forts et vous demandez les Invalides ! Vous voulez donc voler le pain des pauvres vieillards ? Allez travailler, grands feignans [sic] !!… »

Roubaud, Benjamin (dit Benjamin), Aubert et Cie, La Mode
En 1839
Estampe, Arts graphiques, Manuscrits, imprimés, reliure
Maison de Victor Hugo - Hauteville House
Zoom
Vous êtes jeunes et forts et vous demandez les Invalides ! vous voulez donc voler le pain des pauvres vieillards ? / ........ Allez travailler grands feignants !! ......
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Other visual (1)
Caricature - dessin humoristique - Portrait (Sujet représenté)
Vous êtes jeunes et forts et vous demandez les Invalides ! vous voulez donc voler le pain des pauvres vieillards ? / ........ Allez travailler grands feignants !! ......
Roubaud, Benjamin (dit Benjamin)
Datation
En 1839
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Après l’insurrection de février 1848 qui a donné naissance à la Seconde République, les élections à l’Assemblée constituante ont lieu le 23 avril. Victor Hugo ne se porte pas candidat. Il le fait aux élections complémentaires qui ont lieu le 4 juin. La presque totalité de la presse satirique combat l’entrée en politique de Victor Hugo, ancien pair de France, réputé proche du régime de Louis-Philippe, et dont les convictions républicaines ne sont pas très affirmées. 

Le député Hugo garde son grand front et continue de se pousser du col. La presse voit d’un mauvais œil les alliances réelles ou soupçonnées, les revirements de l’ex-monarchiste devenu conservateur modéré. On le juge versatile, opportuniste, et ses discours lui valent plus de moqueries que de louanges. Cette détestation persiste tout au long des années 1848 et 1849. Le glissement progressif de Victor Hugo dans l’opposition à partir du début de 1850 n’apaise pas complètement la méfiance des républicains mais vaut à Hugo l’hostilité de plus en plus ouverte du parti clérical et des légitimistes. Réduits au silence à partir de 1850, les journaux ne peuvent rendre compte du virage définitif de Hugo qui va s’opposer de plus en plus ouvertement à Louis Napoléon Bonaparte jusqu’au coup d’État de décembre 1851.

La caricature d’Honoré Daumier  - Actualités  montre l’écrivain soutenant avec Emile de Girardin Louis Napoléon Bonaparte comme candidat à la présidence de la république. La caricature Quelques nez commencent à s’allonger met en scène Hugo aux cotés de Girardin et de Thiers, déçus par la politique du candidat qu’ils ont contribué à faire porter à la présidence. 

Entrée en politique

Actualités ; Quelques nez commencent à s'allonger

Zoom
Actualités. 171. M.M. Victor Hugo et Emile Gurardin cherchent à élever le prince Louis sur le pavois, ça n'est pas très solide !
CC0 Paris Musée / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
CC0 Paris Musée / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
CC0 Paris Musée / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
CC0 Paris Musée / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Others visuals (4)
Caricature - dessin humoristique
Actualités. 171. M.M. Victor Hugo et Emile Gurardin cherchent à élever le prince Louis sur le pavois, ça n'est pas très solide !
Daumier, Honoré
Datation
En 12–1848
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Actualités. 171. M.M. Victor Hugo et Emile Gurardin cherchent à élever le prince Louis sur le pavois, ça n'est pas très solide !

Réalisée dès le lendemain de l’élection, c’est sans doute la plus célèbre des caricatures sur l’accession de Louis Napoléon Bonaparte à la présidence.  Victor Hugo et Émile de Girardin, journaliste et fondateur du journal La Presse (1836), très souvent associé à Victor Hugo durant toute la seconde République, peinent à soulever le prince et, nous dit la légende, « ça n’est pas très solide ». 

Daumier, Honoré, Aubert et Cie, Aubert et Cie, Le Charivari
En 12–1848
Estampe, Manuscrits, imprimés, reliure, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Quelques nez commencent à s'allonger

Le dessin répond à la rumeur répandue dans toute la presse, selon laquelle Victor Hugo, en échange de son soutien à la candidature de Louis Napoléon Bonaparte à la présidence de la République, se serait vu promis un ministère. Le dessin le présente, déçu, tout comme Thiers et Émile de Girardin. Les trois points d’exclamation qui barrent son front doivent témoigner de son incrédulité et de sa déception.

Anonyme, Nadar (Gaspard-Félix Tournachon, dit), La Revue comique à l'usage des gens sérieux
En 12–1848
Estampe, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House
Zoom
Quelques nez commencent à s'allonger
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Other visual (1)
Caricature - dessin humoristique
Quelques nez commencent à s'allonger
Anonyme
Datation
En 12–1848
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Plusieurs prises de position politiques de l’écrivain se reflètent dans la caricature, sauf celle de l’opposition au coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte, impossible à dessiner pour les caricaturistes en raison de la censure. La participation de Hugo au Congrès de la Paix en 1849 est croquée par Daumier jugeant ce rassemblement inutile. L’attitude de Victor Hugo durant la Commune, son annonce de l’ouverture de sa maison à Bruxelles pour les communards exilés donnent lieu à plusieurs caricatures violentes. L’intervention du poète en 1883 avec une lettre ouverte au sujet des pogroms en Russie donne lieu à un dessin ambigu – la voix du Vieux Orphée est-elle réellement audible ? 

Les prises de position de Hugo en caricature

Souvenir du Congrès de la paix ; Victor Hugo avant la lettre ; Le Vieux Orphée

Zoom
Souvenirs du congrès de la Paix. 1
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Honoré Daumier (1808-1879). "Le Charivari - Souvenir du Congrès de la Paix 1". Paris, Maison de Victor Hugo.CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Others visuals (2)
Caricature - dessin humoristique
Souvenirs du congrès de la Paix. 1
Daumier, Honoré
Datation
En 09–1849
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Souvenirs du congrès de la Paix. 1

Daumier, Honoré, Aubert et Cie, Aubert et Cie
En 09–1849
Estampe, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Le congrès international de la paix s’ouvre à Paris le 21 août. Victor Hugo en est le président et prononce le discours d’ouverture. C’est dans ce discours qu’apparaît pour la première fois la formule des « États-Unis d’Europe » : « Un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées. Un jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les États-Unis d’Amérique et les États-Unis d’Europe placés l’un en face de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leurs industries, leurs arts, leurs génies […]. » Daumier réalise sur le Congrès de la paix une suite de quatre dessins publiés dans Le Charivari, jugeant assez sévèrement la chose : « Il faut bien le reconnaître, le Congrès de la Paix n’a eu d’autre résultat appréciable que l’offrande d’une couronne d’argent à M. Victor Hugo. »
 

+
Zoom
Victor Hugo, avant la lettre. Une salade dans un crâne.
CC0 Paris Musée / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Other visual (1)
Caricature - dessin humoristique
Victor Hugo, avant la lettre. Une salade dans un crâne.
Bertall (Albert d'Arnoux, dit)
Datation
En 06–1871
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Victor Hugo, avant la lettre. Une salade dans un crâne.

Bertall (Albert d'Arnoux, dit), Le Grelot
En 06–1871
Estampe, Manuscrits, imprimés, reliure, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

De Bruxelles, où il est allé pour régler la succession de son fils Charles, Victor Hugo  prend fait et cause pour celles et ceux que l’on chasse et pourchasse après la semaine sanglante, et propose, dans une lettre publiée le 28 mai par le journal L’Indépendance belge, de les accueillir chez lui. Bertall reprend un dessin qu’il avait fait au moment de la sortie des Misérables. Dans ce dessin, Hugo écrit la lettre sous l’emprise d’un esprit confus, remué par le diable et fourmillant d’araignées et sur lequel flotte le drapeau rouge.  On peut lire dans le journal : « Quand VH ne sera plus en proie à je ne sais quelle fièvre, à je ne sais quel enivrement, il comprendra qu’il ne devait jamais y avoir rien de commun entre lui et ceux qui avaient juré de tuer et d’anéantir notre grande et aimée ville… »
 

+
Zoom
Le vieux Orphée, par Gilbert-Martin
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Others visuals (4)
Caricature - dessin humoristique - Portrait (Sujet représenté) - Torquemada (V.Hugo)
Le vieux Orphée, par Gilbert-Martin
Gilbert-Martin, Charles
Datation
En 06–1882
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Le vieux Orphée, par Gilbert-Martin

Gilbert-Martin, Charles, Le Don Quichotte
En 06–1882
Estampe, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Le Rappel a publié le 19 juin 1883 un appel que Victor Hugo avait écrit quelques semaines auparavant en faveur des juifs massacrés en Russie lors de pogroms : « Ce qui se dresse en ce moment, ce n’est pas du crime, c’est de la monstruosité. Un peuple devient monstre. » Gilbert-Martin rend hommage au vieux poète dont la voix s’élève encore pour dénoncer les crimes et la barbarie.

+

La fête des 80 ans, célébrée en 1881, et les dernières années du poète sont celles de l’apothéose. Hugo, généralement vêtu de blanc et la lyre à la main, s’élève dans des cieux lumineux et glorieux, d’où il domine à la fois la scène littéraire et l’arène politique. Des dessins plus acides réapparaîtront au moment des funérailles en raison, notamment, de son caractère laïc et du refus par le poète de « l’oraison de toutes les églises ».

Consécration

Victor Hugo ; L'Apothéose

 

Zoom
Victor Hugo
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Other visual (1)
Caricature - dessin humoristique
Victor Hugo
Luque, Manuel
Datation
En 11–1882
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Victor Hugo

Le portrait de Luque combine de façon originale plusieurs images types de Hugo : l’allégorie du poète antique vêtu d’une toge blanche, jouant de la lyre, qui dessine ici un « H » tout comme les tours de Notre-Dame de Paris, à laquelle Hugo est associé depuis les années 1830. Il traite enfin le visage de Hugo, directement inspiré d’une photo de Nadar, de manière très réaliste. Le tout en noir et blanc, ce qui lui confère une étonnante modernité.

Luque, Manuel, Yves et Barret, Le Monde Parisien
En 11–1882
Estampe, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

L'Apothéose

Assise sur le dôme du Panthéon, une allégorie de la renommée sonne le triomphe – ou l’apothéose – d’un Hugo rayonnant, tel un soleil – on peut y voir aussi une hostie dans son encensoir. La mort du poète est ici célébrée comme l’aboutissement – ou le commencement – d’un culte. Force est de constater qu’on est ici très loin de la moquerie, de la dérision, d’une forme de critique, bref, de la caricature.

Gilbert-Martin, Charles, Le Don Quichotte
En 1885
Estampe, Manuscrits, imprimés, reliure, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House
Zoom
L'Apothéose
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Other visual (1)
Caricature - dessin humoristique
L'Apothéose
Gilbert-Martin, Charles
Datation
En 1885
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

À l’annonce du décès de Victor Hugo, le gouvernement fait voter des funérailles nationales laïques. Pour cette occasion, il  décide de désacraliser l’église Sainte-Géneviève qui devient le Panthéon et accueille le corps de Victor Hugo. Beaucoup de catholiques en sont choqués, et l’archevêché de Paris n’ayant pas pu administrer l’extrême onction à l’écrivain tente durant les jours qui ont suivi le décès de négocier sa présence symbolique.   

Les funérailles de Victor Hugo

Mort de Victor Hugo ; La Désinfec-tation

Zoom
Mort de Victor Hugo
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Others visuals (4)
Caricature - dessin humoristique
Mort de Victor Hugo
Guillaumin, Edouard (dit Pépin)
Datation
En 05–1885
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

Mort de Victor Hugo

L’archevêque de Paris, le cardinal Guibert, juché sur le toit de l’hôtel Victor Hugo, cherche à attraper l’âme du défunt. Le cardinal avait sollicité la famille en vain pour pouvoir venir voir le mourant et lui administrer les derniers sacrements afin de le réconcilier avec l’Église.

Guillaumin, Edouard (dit Pépin), La Comédie politique, journal satirique hebdomadaire illustré
En 05–1885
Estampe, Manuscrits, imprimés, reliure, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House

La Désinfec-tation

Le 26 mai, le Gouvernement publie deux décrets, l’un précisant que « le Panthéon est rendu à sa destination primitive et légale. Les restes des grands hommes qui ont mérité la reconnaissance nationale y seront déposés » et l’autre que « le corps de Victor Hugo sera transporté au Panthéon ». Le même jour, un autre décret désacralise l’église Sainte-Geneviève pour qu’elle redevienne panthéon national et puisse accueillir Victor Hugo. « Il fallait que Victor Hugo mourût pour rendre au Panthéon, au temple du génie, sa destination première », écrit La Halle aux charges, dont l’objectif est d’y faire aussi entrer Gambetta, mort deux ans auparavant.

Inconnu, La Halle aux Charges
En 06–1885
Estampe, Manuscrits, imprimés, reliure, Arts graphiques
Maison de Victor Hugo - Hauteville House
Zoom
La Désinfec-tation
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
X
Zoom
Other visual (1)
Caricature - dessin humoristique - Journal - périodique
La Désinfec-tation
Inconnu
Datation
En 06–1885
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House
Retour vers le haut de page